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Plaisir de méditer |
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Mon histoire Bonjour, Je m'appelle Monsieur. Je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Je suis séropositif depuis 15 ans. Maintenant, j'ai le sida. Ça fait un
an que je suis sidéen. Je suis une personne très calme face à cette
maladie, mais il faut dire que je suis plus malade que je le crois. Je
suis diabétique et épileptique avec tout ça, mais je prends la vie du
bon côté.
Quand ma mère a su que j'étais atteint du sida, ça lui a brisé le cœur.
Par la suite, elle s'est remise petit à petit. Elle a réussi à
l'accepter.
Mais j'ai un très bon médecin qui me suit de près. Il me prescrit
beaucoup de médicaments. Je prends de 30 à 35 pilules par jour pour ma
maladie. Le docteur m'avait dit que je n'en avais que pour un an ou un
peu plus à vivre. Mais comme il me l'a dit, il n'est pas le bon Dieu.
Mon médecin trouve que je me porte bien et il faut que je me repose et
que je dorme bien. Je dois faire un peu d'exercice et de la marche. Mais
je me trouve très chanceux, je m'accroche à la vie et ne me décourage
pas. J'ai trois ou quatre de mes meilleurs amis qui en sont morts.
J'étais très proche d'eux. Je leur ai donné beaucoup d'espoir dans leur
vie de tous les jours jusqu'au dernier souffle.
Quand j'ai perdu ma mère, elle savait que j'étais malade et elle avait
beaucoup de peine pour moi. Déjà que j'avais deux autres maladies. Jour
après jour, je sentais qu'elle était très proche, et on se parlait au
téléphone à tous les jours. Ma mère était une personne très ouverte à
cette maladie et elle n'avait pas peur de me toucher ou de m'embrasser.
Parce que, dans les années passées, le monde avait vraiment peur de ça,
nous les premiers, les homosexuels, on était les plus touchés.
Aujourd'hui le monde est plus conscient de cette maladie. Mais il y aura
toujours des préjugés. Un jour, je crois, tout ça sera effacé de la
réalité.
Monsieur, Madame, soyez très prudents. Un jour tout ça aura une fin. |
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Ma spiritualité Un jour quelqu'un m'a demandé : « Es-tu spirituelle toi Pauline? »
Comme ça, à brûle-pourpoint, je n'ai pas donné la bonne réponse.
Aujourd'hui, après réflexion, je peux dire que oui, je suis profondément
spirituelle. Et, de ce fait, contre l'injustice et l'exploitation qui
détruit en l'homme ce qu'il a de meilleur. Je suis contre tout ce qui
est amoral.
Je me considère comme un être intelligent possédant plus qu'un corps, et
j'avoue que je suis fière de ne pas avoir permis à qui que ce soit de
m'enlever cette partie de mon âme qui, sans prétention, fait de moi un
être entier.
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Prise de concience Cette année, l'hiver fut difficile pour la plupart d'entre nous. Mais
j'ai réalisé que tout a un bon côté. Assise à la lueur de mes bougies et
de mon aquarium, regardant le calme et la sérénité de mes petits
poissons rouges, je me suis mise à réfléchir sur moi-même. Prenant du
recul, j'ai réalisé que toute ma vie, je l'ai vécue pour les autres.
D'abord pour mes parents que, très jeune, j'ai essayé de comprendre et
pour qui j'avais beaucoup de respect. Je les trouvais bien courageux
d'élever une famille dans les années difficiles que furent les années
30. Malgré tout, ma mère a su nous apprendre le respect de nous-mêmes et
le sens de nos responsabilités. Je me suis mariée sans que rien ne m'y
oblige. Quatre enfants sont nés de cette union et ont été, sont et
seront toujours ma priorité.
Cependant, au crépuscule de ma vie, je crois que le temps est venu de
penser un peu à moi. Ce ne sera pas facile de vivre pour moi-même, ce
n'est pas dans ma nature et ce sera un travail à plein temps. Mais je
compte bien y arriver avant la tombée de la nuit. Henry Ford a dit un
jour : « Avoir fait plus pour les autres que les autres ont fait pour
nous, c'est ça réussir sa vie. » Sur ce plan, je crois avoir réussi, ce
qui m'aidera à tenir mes résolutions.
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© Centre de Lecture et d'Écriture, 1998